Le Petit juriste : Entretien avec Maître Florent Verdier, sa carrière et ses conseils pour le CRFPA

Le Petit juriste : Entretien avec Maître Florent Verdier, sa carrière et ses conseils pour le CRFPA

Propos recueillis par Inès Rodriguez pour @Lepetitjuriste

Le Petit Juriste a pu s’entretenir avec Maître Florent Verdier, défenseur des droits des étudiants à accéder à un Master II. Après avoir effectué ses études à l’Université de Toulon et s’être spécialisé en droit administratif et processuel, il est devenu avocat.

Aujourd’hui il exerce en droit public et en droit pénal et il souhaitait vous donner quelques conseils pour préparer le CRFPA.

Maître Verdier, quelles sont vos missions au quotidien ?

Etant un avocat en droit public, mon travail consiste majoritairement à effectuer du conseil juridique et dans une moindre mesure du contentieux. Je dois me pencher sur les interrogations des diverses personnes publiques sur des problématiques touchant leurs activités (communes, départements, régions, établissements publics de coopérations intercommunales etc).

Au niveau du droit pénal, je ne fais que du contentieux. Je suis aussi inscrit sur une liste de défense de commission d’office qui est la défense pénale d’urgence. Le travail de ces dossiers est indemnisé au titre de l’aide juridique, c’est l’Etat qui prendre en charge l’indemnité de l’avocat. Etre un jeune avocat commis d’office me paraît important pour apprendre certains mécanismes comme ressortir rapidement sur les points essentiels du dossier, prendre des positions et préparer sa plaidoirie dans l’urgence. Prises individuellement, les indemnités reçues dans la défense d’urgence sont faibles mais mis bout à bout, c’est assez rémunérateur pour un jeune avocat et certaines affaires peuvent déboucher sur une rémunération directe de la part du client. C’est aussi une façon de se constituer une clientèle sur le terrain.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

J’ai choisi ce métier pour la diversité de son champ d’action et la richesse intellectuelle qu’il offre. Rares sont les métiers qui permettent de toucher à des domaines aussi divers et d’avoir une clientèle variée. La transversalité qui imprègne la pratique de l’avocat est le point central qui m’a fait aimer cette profession. Selon moi et a contrario du courant de pensée actuelle, j’estime qu’un avocat ne peut pas se contenter d’une seule spécialité mais il a besoin de répondre aux questions que peuvent se poser son client dans divers domaines. Son objectif est de satisfaire ce client dans chacune de ses problématiques juridiques. L’avocat doit être capable de s’adapter et d’être très pragmatique.

C’est tout autant une expérience humaine puisqu’on défend aussi bien des personnes dans le besoin comme des capitaines d’industrie, des collectivités ou des sociétés. Humainement, cette expérience est extraordinaire. Un jour, je peux être en comparution immédiate et peut-être le lendemain aller en rendez-vous client à La Défense avec un directeur d’une très grosse société comme cela m’est arrivé récemment.

Quels seraient vos conseils aux étudiants préparant le CRFPA ?

Les candidats doivent y croire et avoir confiance. La préparation tant physique que psychologique est primordiale puisque c’est éprouvant. Lors de la période d’été il faut bien se préparer pour aborder cela avec sérénité.

Concernant les oraux, le mieux est de se mettre à jour de l’actualité au moment duquel les épreuves vont se dérouler. Il faut bien entendu étudier sa jurisprudence et ses codes et il ne faut certainement pas négliger l’utilisation de mensuels, d’ouvrages et de sites d’actualité.

Spécialement pour le Grand O’, il faut se préparer sur les libertés fondamentales, réciter ses sujets avec les annales et savoir les relier avec d’autres thématiques moins « fondamentales ». Par exemple on peut relier le sujet sur le droit à la vie et le cas de Vincent Imbert. Il est aussi important de s’ouvrir à d’autres sujets sociétaux et politiques puisqu’ils seront eux aussi mis en parallèle avec les libertés et droits fondamentaux. Les éléments qui seront mis en avant lors de l’oral vont dépasser le cadre du droit tout en y étant toujours très liés. Par exemple, pour mon Grand O’ le sujet était fondé sur le droit de propriété mais il était rattaché au droit public : « est-ce que les personnes publiques sont des propriétaires immobiliers comme les autres ? ».

Ainsi, pendant l’oral il faut savoir s’adapter au sujet et connaître son histoire, son présent pour engager une réflexion sur l’avenir du thème que l’on nous donne tout en reliant le droit à d’autres matières.

Quels seraient les potentiels sujets de Grand O’ ?

Les sujets d’exposé sont toujours assez transversaux mais pour la discussion avec le jury, cette année, il faut connaître les diverses lois Taubira sur la justice pénale et la justice du 21ème siècle, la loi Macron qui modifie la profession d’avocat, la loi sur le renseignement, les questions sur le genre, sur le droit à la vie, le droit pénal et le terrorisme, la liberté d’expression etc. Les grands procès du moment doivent être au moins connus pour pouvoir les évoquer.

Durant le Grand O’ mon dernier conseil est d’absolument éviter d’ouvrir des portes dont on ne maîtrise pas le sujet ou d’en ouvrir si on sait parfaitement où l’on souhaite amener ses interlocuteurs. En tout état de cause, il faut faire très attention car un jury sait parfaitement appuyer là où le bât blesse.

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