Le Figaro : Une nouvelle affaire de sélection à l’université

Le Figaro : Une nouvelle affaire de sélection à l’université

Un étudiant angevin s‘est vu refuser son entrée en M2 «Marketing et Technologies de l’information et de la communication». Il vient de remporter une première victoire devant les tribunaux.

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«Angers – UFR d’économie» by Émeric

Peut-on entrer en M2 «Marketing et Technologies de l’information et de la communication (TIC)» sans être présent sur les réseaux sociaux? Apparemment non aux yeux de l’Université d’Angers, qui aurait signifié à un de ses étudiants de M1 qu’il ne serait pas accepté en M2 en raison d’un «manque de motivation». L’étudiant concerné n’aurait pas développé assez d’intérêt pour le web et les TIC en dehors des cours, n’ayant notamment pas de comptes Twitter et LinkedIn…
L’avocat de l’étudiant, Maître Florent Verdier, assure que son client possède bien des comptes sur les réseaux sociaux, mais qu’il ne les a pas forcément déclarés à l’université. Une affirmation difficile à vérifier puisque l’étudiant souhaite rester anonyme…Mais pour l’avocat, le fond du problème n’est pas la présence ou non de son client sur Twitter ou LinkedIn, mais bien la sélection opérée par l’université d’Angers à son encontre.

La décision de l’université suspendue par le tribunal administratif de Nantes

«Aucun texte n’autorise les universités à sélectionner les étudiants entre le M1 et le M2», martèle Maître Verdier, qui a déjà défendu plusieurs étudiants rencontrant ce cas de figure. «Certes, l’article 612-6 du Code de l’éducation indique qu’un décret pourra prévoir une certaine sélection, mais les gouvernements successifs n’ont jamais pris ce décret. Peut-être parce que l’UNEF s’y oppose de manière farouche…».
Maître Verdier a porté l’affaire le 4 juillet devant le tribunal administratif de Nantes, qui a ordonné ce mercredi 8 juillet de suspendre l’exécution de la décision de l’Université d’Angers. Le président de l’université a désormais huit jours pour réexaminer la demande de l’étudiant. L’avocat se déclare «satisfait», même si «rien n’est arrangé, puisque [son] client n’est toujours pas inscrit». Si l’université rejette de nouveau le dossier de l’étudiant concerné, Maitre Verdier n’hésitera pas à «attaquer de nouveau»: «le match est loin d’être terminé», conclut l’homme de loi.

«L’entrée en master 2 fait l’objet d’une procédure précise avec des conditions d’admission»

L’Université d’Angers a choisi de répondre par voie de communiqué de presse. Elle assure tout d’abord que la décision prise par l’établissement «ne s’est pas réduite à «pas de compte twitter, pas de master?» comme titré dans l’article de Ouest France du 4 juillet dernier», et que «cette décision ne porte pas sur le fond de la question. Elle implique seulement pour l’Université d’Angers de réexaminer la demande de l’étudiant».
Par ailleurs, l’Université d’Angers «rappelle que l’entrée en master 2 fait l’objet d’une procédure précise avec des conditions d’admission», afin de vérifier la «motivation» des élèves «pour le domaine étudié» et «l’adéquation de leurs aptitudes avec la formation envisagée». Jean-Paul Saint-André, président de l’Université d’Angers, conclut en insistant sur l’importance accordée par son établissement à «l’orientation et l’accompagnement vers l’insertion professionnelle». Mais motus sur le sort réservé à l’étudiant de M1; pour en savoir plus, il faudra attendre huit jours…

A propos de Florent Verdier

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